Le Mensonge Qui Tue Dans Nos Églises
Elle prie le dimanche matin avec un œil au beurre noir dissimulé sous le maquillage. Il témoigne de l'amour de Dieu pendant que ses côtes cassées par son mari le font souffrir. Ils lèvent les mains dans la louange pendant que leur conjoint les terrorise à la maison. Et personne ne dit rien. Personne ne voit. Personne n'intervient.
La violence conjugale existe dans les couples chrétiens. Pas dans les "mauvaises" églises. Pas chez les "faux" chrétiens. Dans nos assemblées. Dans nos groupes de prière. Dans nos équipes de louange. Des hommes et des femmes baptisés qui invoquent le nom de Jésus tout en détruisant physiquement, émotionnellement et psychologiquement leur conjoint.
Et l'église perpétue un mensonge mortel : "Soumets-toi davantage. Prie plus fort. Dieu peut changer ton mari. Une bonne épouse chrétienne reste et endure." Ce mensonge a conduit des femmes à l'hôpital. Ce mensonge a brisé des enfants qui ont vu Papa frapper Maman. Ce mensonge a même coûté des vies.
Aujourd'hui, nous brisons ce silence avec la vérité biblique. Non pas une vérité tordue pour justifier l'abus, mais la vraie Parole de Dieu qui protège les victimes et condamne les agresseurs.
Ce Que La Bible Dit Vraiment Sur La Violence
Dieu déteste la violence. Psaume 11:5 déclare sans ambiguïté : "L'Éternel sonde le juste ; mais il hait le méchant et celui qui se plaît à la violence." Dieu ne tolère pas. Il ne minimise pas. Il HAIT celui qui pratique la violence. Peu importe qu'il chante dans la chorale ou qu'elle dirige l'école du dimanche.
Proverbes 3:31 ordonne : "Ne porte pas envie à l'homme violent, et ne choisis aucune de ses voies." La violence n'est jamais une voie acceptable. Jamais. Même dans le mariage. Surtout dans le mariage, car l'alliance conjugale est censée refléter l'amour protecteur du Christ pour Son église.
Éphésiens 5:28-29 dit aux maris : "De même, les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église." Nourrir. Prendre soin. Protéger. Pas frapper. Pas humilier. Pas terroriser.
Un mari qui lève la main sur sa femme ne reflète pas Christ. Il reflète Satan, le destructeur. Une femme qui abuse émotionnellement ou physiquement son mari ne manifeste pas l'amour de Dieu. Elle manifeste les œuvres des ténèbres.
Les Formes Cachées De Violence Dans Les Couples Chrétiens
La violence ne se limite pas aux coups. Dans les couples chrétiens, elle prend souvent des formes "spiritualisées" que l'église ne reconnaît pas ou refuse de nommer.
La violence psychologique : "Tu es trop sensible. Dieu me dit que tu es dans l'erreur. Tu n'es bonne à rien. Personne d'autre ne voudrait de toi." Des mots qui détruisent l'âme jour après jour, déguisés en "correction spirituelle".
La violence spirituelle : "Si tu étais vraiment chrétienne, tu te soumettrais sans question. Dieu exige que tu m'obéisses. Ton pasteur dit que les femmes doivent se taire. Tu n'as pas le droit de me contredire, je suis le chef spirituel de cette maison." L'Écriture tordue pour justifier la domination et le contrôle.
La violence économique : "Tu n'as pas besoin de savoir combien nous avons. Je gère l'argent. Tu ne peux rien acheter sans ma permission. Si tu me quittes, tu n'auras rien." Le contrôle financier qui rend la victime dépendante et piégée.
La violence sexuelle : "La Bible dit que ton corps m'appartient. Tu ne peux pas me refuser. C'est ton devoir conjugal." La contrainte sexuelle cachée derrière une mauvaise interprétation de 1 Corinthiens 7:4.
Toutes ces formes de violence sont condamnées par Dieu. Aucune d'elles ne reflète l'amour sacrificiel que Christ commande dans le mariage.
La Soumission N'Est Jamais Soumission À L'Abus
L'église a utilisé Éphésiens 5:22 pour piéger des victimes pendant des décennies : "Femmes, soumettez-vous à vos maris." Mais lisez le contexte complet. Le verset 21 dit d'abord : "Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ." La soumission est mutuelle.
Et le commandement aux maris qui suit est encore plus radical : "Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle." Christ s'est sacrifié pour l'église. Il l'a protégée. Il l'a honorée. Il n'a jamais levé la main sur elle. Un mari qui abuse sa femme viole directement ce commandement.
La soumission biblique n'est jamais soumission au péché. Actes 5:29 établit le principe : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes." Quand votre conjoint vous demande de tolérer l'abus, il vous demande de désobéir à Dieu qui ordonne de protéger votre corps, temple du Saint-Esprit.
Romains 13:1-4 donne l'autorité aux gouvernements pour punir le mal. La violence conjugale est un crime. Appeler la police n'est pas un manque de foi. C'est obéir à l'ordre établi par Dieu pour protéger les innocents et punir les coupables.
Vous Avez Le Droit Et Le Devoir De Fuir
Si vous êtes victime de violence conjugale, écoutez bien : Dieu ne vous demande pas de rester. Il ne vous ordonne pas d'endurer. Il ne vous condamne pas si vous partez. Au contraire, Il vous appelle à protéger la vie qu'Il vous a donnée.
Proverbes 22:3 dit : "L'homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples avancent et sont punis." La sagesse biblique commande de fuir le danger. Rester dans une situation violente n'est pas de la foi. C'est de la négligence envers le don de la vie que Dieu vous a confié.
Matthieu 10:23 enseigne : "Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre." Jésus Lui-même ordonne la fuite face à la persécution. Votre maison ne devrait jamais être un lieu de persécution, mais si c'est le cas, Dieu approuve que vous partiez.
Si vous avez des enfants, vous avez une responsabilité encore plus grande. Proverbes 31:8-9 commande : "Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l'indigent." Vos enfants sont les muets qui ne peuvent pas se défendre. Les protéger en quittant un foyer violent est un acte d'obéissance à Dieu.
Comment Partir En Sécurité
Partir une situation violente demande planification et sagesse. Voici les étapes bibliquement fondées pour protéger votre vie :
Primo : Reconnaissez que votre vie est en danger. Arrêtez de minimiser. "Il ne le fera plus" est un mensonge que vous vous répétez. Les statistiques et l'expérience prouvent que la violence escalade. Croyez les faits, pas les promesses de l'agresseur.
Secundo : Parlez à quelqu'un de confiance en dehors du foyer. Un pasteur qui comprend vraiment la violence conjugale. Un ami fidèle. Un membre de la famille. Brisez le silence. L'isolement est l'arme préférée de l'agresseur. Jacques 5:16 encourage : "Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris."
Tertio : Contactez une association spécialisée dans la violence conjugale. En France : 3919 (gratuit, anonyme, 24h/24). Au Canada : 1-800-363-9010. Ces organisations ont l'expertise pour vous aider à partir en sécurité.
Quarto : Préparez un sac d'urgence avec documents importants (papiers d'identité, cartes bancaires, clés), vêtements pour vous et les enfants, médicaments essentiels. Cachez-le chez un ami ou dans votre voiture.
Quinto : Partez quand l'agresseur est absent. Ne prévenez pas à l'avance. La période de séparation est statistiquement la plus dangereuse. Protégez-vous en partant discrètement.
Sexto : Déposez plainte. Oui, même si c'est votre conjoint chrétien. La police doit intervenir. Un rapport officiel protège légalement vous et vos enfants. C'est bibliquement justifié selon Romains 13:4.
Comment L'Église Doit Réagir
L'église a tragiquement échoué les victimes de violence conjugale pendant trop longtemps. Il est temps de changer radicalement notre approche.
Ce que l'église NE doit JAMAIS faire :
Minimiser l'abus : "Ce n'est pas si grave. Tous les couples se disputent."
Blâmer la victime : "Qu'est-ce que tu as fait pour le provoquer ?"
Forcer la réconciliation : "Dieu déteste le divorce. Retourne et soumets-toi."
Protéger l'image de l'église plutôt que la victime.
Conseiller le couple ensemble (cela met la victime en danger).
Ce que l'église DOIT faire :
Croire la victime immédiatement. Les fausses accusations sont extrêmement rares.
Assurer la sécurité physique avant toute considération spirituelle.
Appeler la police si nécessaire, même sans l'accord de la victime terrorisée.
Fournir hébergement temporaire ou argent pour un refuge.
Confronter bibliquement l'agresseur et exiger repentance authentique.
Accompagner la victime dans les démarches légales.
Offrir soutien financier, émotionnel et spirituel à long terme.
Ézéchiel 34:4 condamne les bergers qui n'ont pas "fortifié celle qui était faible, guéri celle qui était malade, pansé celle qui était blessée." L'église qui abandonne les victimes de violence conjugale sera jugée par Dieu pour sa négligence.
La Restauration Est-Elle Possible ?
La question que tout le monde pose : un couple chrétien peut-il se restaurer après la violence ? La réponse biblique est complexe.
Oui, Dieu peut transformer même le cœur le plus violent. Mais cette transformation exige des changements radicaux et vérifiables, pas des promesses vides. L'agresseur doit :
Reconnaître pleinement sa violence sans excuse ni justification
Accepter les conséquences légales (arrestation, casier judiciaire)
Suivre un programme spécialisé pour agresseurs (minimum 1-2 ans)
Démontrer des changements durables (années, pas mois)
Accepter la séparation prolongée pendant la transformation
Ne jamais exiger que la victime revienne
La victime a le droit biblique de divorcer selon Matthieu 19:9 (l'abus est une forme d'adultère contre l'alliance). Elle n'a AUCUNE obligation de donner une seconde chance. Si elle choisit d'envisager la réconciliation, cela doit être après des années de changement prouvé, avec l'accord d'un thérapeute spécialisé et du pasteur.
Ne forcez jamais une victime à pardonner prématurément ou à revenir. Le pardon biblique n'exige pas la réconciliation quand le danger persiste.
Le Défi Pour Cette Semaine
Si vous êtes victime de violence conjugale, voici votre défi cette semaine : dites la vérité à une personne de confiance. Une seule. Brisez le silence qui vous tue. Dieu ne vous condamne pas. Il vous libère.
Si vous êtes pasteur ou leader d'église, voici votre défi : formez-vous sur la violence conjugale. Créez des protocoles clairs pour protéger les victimes. Prêchez publiquement que l'abus n'est jamais acceptable dans le mariage chrétien.
Si vous êtes ami d'un couple, voici votre défi : ouvrez les yeux. Ces bleus "accidentels". Cette peur dans le regard. Ce contrôle excessif. Ce n'est peut-être pas "juste" des disputes. Posez les questions difficiles. Offrez une porte de sortie.
La violence conjugale dans les couples chrétiens existe. Mais le silence complice de l'église doit cesser. Aujourd'hui. Maintenant. Une vie en dépend peut-être.
