La Bible ne proscrit pas toute consommation de vin, mais elle condamne l’ivresse, l’asservissement et tout ce qui fait chuter autrui. Le cœur de la question n’est donc pas “Est-ce que moi je consomme ?” mais “Qu’est-ce que ma pratique fait aux autres ? Est-ce que je gagne ma vie en affaiblissant la leur ?”. Vendre de l’alcool au détail ou en gros met face à une réalité simple : une part significative des ventes nourrit l’ivresse, la dépendance, la violence domestique, les accidents, la pauvreté. Même si un client peut boire avec modération, une part de mon chiffre d’affaires vient inévitablement de ce que Dieu interdit. Faire commerce de drogue illicite ajoute deux fautes évidentes : l’atteinte directe au corps du prochain et la désobéissance aux autorités légitimes.
L’Écriture condamne l’ivresse parce qu’elle fait perdre la maîtrise de soi, obscurcit le jugement, ouvre la porte à d’autres péchés et blesse les plus vulnérables. Elle va plus loin : elle dénonce celui qui pousse l’autre à boire. Le problème n’est pas seulement ce que je mets dans mon verre, mais ce que je mets dans la main de mon prochain. Or un commerce vit de volumes, de fidélisation, de stratégies qui encouragent la consommation. Vendre un produit dont l’usage abusif est prévisible et fréquent, et qui devient pour beaucoup une servitude, c’est devenir partenaire de cette servitude. L’amour du prochain refuse de monétiser son affaiblissement.
La conscience chrétienne se demande aussi si l’activité fait chuter un frère ou une sœur. Beaucoup luttent avec l’alcool. Les exposer, par mon métier, à la tentation, au message “c’est normal et festif”, ou à des invitations commerciales, les fait trébucher. L’apôtre enseigne qu’il vaut mieux renoncer à un droit économique que d’abîmer la foi d’un seul. La question n’est pas d’abord “ai-je le droit ?” mais “qu’est-ce qui édifie ?”. Un revenu béni n’est pas seulement légal : il est aussi conforme à la sainteté, à la compassion et à la paix.
Pour les drogues illicites, la réponse est nette. Le chrétien obéit aux lois tant qu’elles ne lui ordonnent pas de pécher. Le trafic et la vente illégale violent la loi, nourrissent la dépendance, détruisent des vies et des communautés. Ce commerce contredit la vocation de “serviteurs de la paix”. Même si je ne consomme pas, je me rends complice de ce qui enchaîne d’autres. Le Nouveau Testament associe l’ivresse et les pratiques qui altèrent la lucidité au “train de vie de ce monde” qui n’hérite pas du Royaume. Y chercher un profit, c’est mettre son gain au-dessus de l’âme du prochain.
Il faut distinguer la médecine des “drogues”. Les traitements prescrits pour guérir relèvent de la bonté de Dieu qui guérit par des moyens humains. Servir dans la santé, c’est protéger la vie. Mais vendre des substances pour l’évasion, l’ivresse ou l’addiction, c’est vendre la perte de maîtrise de soi. Le corps est un temple, la lucidité un fruit de l’Esprit, la liberté en Christ une vraie liberté vis-à-vis des passions. Un chrétien cherchera donc un travail qui bénit la société, protège les faibles et ne gagne pas sur la chute des autres. Si vous êtes déjà engagé dans ce secteur, la repentance ressemble à des pas concrets : cesser de faire de la promotion de l’ivresse, chercher une reconversion honnête, demander conseil à des anciens, réparer autant que possible. Dieu donne la grâce et une porte de sortie.
« Malheur à celui qui fait boire son prochain, à toi qui verses ta colère et qui l’enivres pour regarder sa nudité ! » (Habacuc 2:15)
« Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Soyez au contraire remplis de l’Esprit. » (Éphésiens 5:18)
« Il est bon de ne pas boire de vin ni rien faire par quoi ton frère trébuche. » (Romains 14:21)
« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures… Celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi. » (Romains 13:1–2)
