Pasteur divorcé (hors infidélité) : peut-il diriger l’Église ?
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Histoires de cœur

Pasteur divorcé (hors infidélité) : peut-il diriger l’Église ?

Ce que Dieu pense du mariage et du divorce (parole longue et précise)


Dieu voit le mariage comme une alliance créée par Lui, appelée à la fidélité et à l’unité. Jésus ancre ce projet à la création et parle sans réduire la vérité :

« N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni. — Ils lui dirent: Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier? — Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité sexuelle (porneia), et qui en épouse une autre, commet un adultère. » (Matthieu 19:4-9)



Le Seigneur dénonce aussi les divorces injustes et la violence cachée derrière des gestes religieux :

« Vous couvrez l’autel de l’Éternel de larmes… et vous dites: Pourquoi? Parce que l’Éternel a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, à laquelle tu es infidèle, bien qu’elle soit ta compagne et la femme de ton alliance… Car je hais la répudiation, dit l’Éternel, le Dieu d’Israël, et celui qui couvre de violence son vêtementVeillez sur votre esprit, et ne soyez pas infidèles. » (Malachie 2:13-16)



Enfin, Dieu fixe des qualifications élevées pour ceux qui dirigent l’Église (anciens/évêques/pasteurs) — non comme une élite parfaite, mais comme exemples crédibles :

« Cette parole est certaine: Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement; qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent; exempt de querelle, désintéressé; qu’il dirige bien sa propre maison, tenant ses enfants dans la soumission, avec une parfaite honnêteté — car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu? — qu’il ne soit pas un nouveau converti… Il faut aussi qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable. » (1 Timothée 3:1-7)



La question précise : un pasteur divorcé (hors infidélité) peut-il diriger ?


Réponse courte: Parfois non, parfois pas maintenant, parfois oui — sous conditions strictes. La Bible ne donne pas une « règle automatique » applicable à tous les cas, mais des critères. Trois axes guident le discernement de l’Église locale (anciens/conseil/autorité de tutelle) :

1) La cause du divorce et la vérité devant Dieu


  • Cas où le divorce est parfois légitime (hors adultère) : abandon persistant par l’incroyant (cf. 1 Co 7:15), violences (Malachie 2:16 associe répudiation et violence). Dans ces cas, la personne victime peut être innocente au regard de Dieu et des hommes.


  • Cas de torts majeurs personnels (égoïsme, dureté, irresponsabilité chronique, refus de soins, addiction non traitée, abus de pouvoir…) : même sans adultère, la personne peut avoir gravement manqué aux devoirs d’alliance. Ici, un ministère de direction est impossible tant que la repentance n’est pas publique, vérifiable et durable.



2) Les qualifications de 1 Timothée 3 sont-elles objectivement restaurées ?


  • Irréprochable / bon témoignage : le divorce a-t-il créé un scandale public durable ou une division telle que la personne ne peut plus être « au-dessus de tout reproche » dans ce contexte ?


  • Gouverner sa maison : aujourd’hui, la personne prend-elle soin de sa famille (coparentalité saine, pension, sécurité, vérité) ?


  • Maturité et sobriété : y a-t-il temps de retrait, accompagnement pastoral/clinique, recommandations écrites et redevabilité en place ?


Si ces repères ne sont pas clairement positifs, la direction d’Église n’est pas appropriée (au moins pas maintenant).

3) Le bien de l’Église (et des « petits »)


Même avec une repentance réelle, il peut être sage que la personne serve sans diriger, ou dans un autre lieu où son histoire ne rallume pas des blessures. Le leadership n’est pas un droit; c’est une charge au service du corps. La paix, la clarté et la protection des vulnérables priment.

Scénarios concrets (pour éviter le flou)


  • Divorce suite à violences subies (pas d’adultère) : la personne protégée, demeurée fidèle et vraie, peut servir; diriger peut redevenir envisageable après guérison, temps de re-fondation, discernement collégial et bon témoignage public.


  • Divorce dû à dureté/immaturité personnelle : minimum un temps prolongé hors direction (années, pas semaines), chemin prouvé de transformation (thérapie, mentors, redevabilité, fruits). La direction n’est pas garantie ensuite.


  • Divorce récent et conflictuel : on gèle toute direction. On protège l’Église de narratifs concurrents. On cherche la vérité, pas la vitesse.



Processus de discernement (étapes pratiques)


1) Vérité documentée (chronologie, responsabilités assumées). 2) Sécurité (aucun abus en cours, protection des parties). 3) Temps (retirer la personne de la direction pendant la clarification). 4) Collégialité (anciens + autorité de tutelle + conseillers externes). 5) Redevabilité écrite (plan de restauration ou décision d’inéligibilité). 6) Communication sobre à l’Église (sans détails sordides, mais avec clarté suffisante pour protéger la paix).

Parole pastorale


Dieu honore l’alliance et guérit les brisés. Il déteste les divorces injustes et la violence; Il permet la séparation dans des cas limites; Il exige des conducteurs crédibles. Certaines histoires appellent à renoncer au leadership; d’autres, après un long chemin, autorisent un service humble (parfois sans diriger). Dans tous les cas, la vérité, la sécurité et le bien du troupeau passent avant l’ambition ministérielle. Diriger, c’est porter — pas se prouver.

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