Mariage entre juif(ve) et musulman(e) — Ce que disent le judaïsme et l’islam
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Mariage entre juif(ve) et musulman(e) — Ce que disent le judaïsme et l’islam

Ce que dit le judaïsme (halakha et pratiques)

Halakha (droit juif classique)

  • Interdiction d’un mariage religieux avec un non-juif. En halakha, il n’y a pas de qiddoushin (lien matrimonial) entre un juif et un non-juif, donc aucun rabbin orthodoxe/masorti ne peut célébrer. Références usuelles: Deutéronome 7:3–4 (mises en garde contre les unions qui détournent), Esdras 9–10, Néhémie 13, littérature rabbinique (p. ex. Kiddoushin 68b) et codification (Shoulḥan ‘Aroukh, Even Ha‘ezer 16).

  • Statut des enfants: l’identité juive est matrilinéaire (selon la halakha). Si la mère n’est pas juive, l’enfant n’est pas juif sauf conversion formelle (beït-din, immersion, etc.).

  • Conséquence: pas de ḥouppa (mariage religieux juif). Un couple peut faire un mariage civil, mais il ne sera pas reconnu religieusement par les autorités orthodoxes/masorti.

Pratiques contemporaines

  • Mouvements réformés/libéraux: certaines communautés acceptent d’officier des unions interconfessionnelles, parfois avec conditions (engagements éducatifs, cérémonie neutre, co-officiants). Ce n’est pas accepté par l’orthodoxie ni le conservatisme classique.

  • Vie familiale: questions pratiques majeures (circoncision, cacherout, fêtes, éducation hébraïque) doivent être écrites noir sur blanc avant fiançailles.

Ce que dit l’islam (fiqh et réalités)

Fiqh classique majoritaire

  • Homme musulman + femme « des Gens du Livre » (chrétienne/juive): autorisé sous conditions de droiture et de chasteté (Coran 5:5).

  • Femme musulmane + homme non-musulman: interdit par la plupart des écoles (Coran 2:221, esprit de 60:10). Les juristes invoquent la préservation de la foi et de l’unité religieuse du foyer.

  • Éducation des enfants: attendu qu’ils soient élevés dans l’islam dans de nombreux contextes.

Pratiques actuelles

  • Selon pays et familles, on peut faire mariage civil + nikāḥ (cérémonie islamique) si les conditions religieuses sont remplies (cas de l’homme musulman). Pour la femme musulmane, un nikāḥ avec non-musulman n’est généralement pas validé.

  • Variations locales et avis contemporains existent, mais demeurent minoritaires ; il faut consulter une autorité savante locale (imam, conseil).

Ce que cela signifie concrètement pour un couple juif–musulman

1) Célébration religieuse: halakhiquement non; fiqh oui seulement dans le cas « homme musulman + femme juive » (et encore, la halakha ne reconnaîtra pas l’union).
2) Reconnaissance civile: souvent possible selon la loi du pays; vérifier l’état civil local.
3) Enfants: identité juive matrilinéaire; attentes islamiques de formation musulmane; sujet sensible à régler par écrit.
4) Maison et rites: cacherout, halal, shabbat/jours de fêtes, Ramadan, jeûnes — il faut un pacte domestique précis.
5) Familles/communautés: anticiper la réaction des deux côtés; prévoir un accompagnement rabbinique et imamique si le couple maintient le projet.

Trois chemins réalistes

  • Voie civile + pacte religieux domestique: mariage civil, puis accord écrit sur enfants, cuisine, calendrier, rites; bénédictions séparées (sans célébration religieuse commune).

  • Cérémonie islamique (cas homme musulman + femme juive) + mariage civil: attention : pas de reconnaissance halakhique; forte sensibilité familiale côté juif.

  • Renoncement: si l’unité religieuse est non-négociable pour l’un des deux (ou leurs familles/communautés), mieux vaut renoncer que vivre en conflit permanent.

Check-list avant décision

  • Enfants (statut/éducation/rites), cuisines (cacherout/halal/alcool), calendrier (Shabbat/Vendredi/fêtes), lieux de culte (synagogue/mosquée), langues/écoles, cérémonie (qui officie ?), reconnaissances religieuses, relation aux familles. Tout mettre par écrit et consulter rabbin + imam + juriste local.

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