1) La base: le projet de Dieu dès la création
La Bible pose la norme au tout début: une alliance exclusive entre un homme et une femme, “une seule chair”.
«C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.» (Genèse 2:24)
Ce verset n’est pas un simple récit: c’est un modèle. Il décrit un départ (quitter), un attachement (coller, s’unir), et une unité (une seule chair). Il n’y a pas de place structurelle pour plusieurs unions parallèles.
2) La confirmation par Jésus: retour à la création, fidélité et exclusivité
Jésus confirme explicitement que Genèse 2:24 est la règle pour le mariage.
«Il répondit: N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni.» (Matthieu 19:4–6)
Jésus ne légifère pas une polygamie “régulée”: Il remonte au plan originel et resserre le sens: les deux deviennent une seule chair (pas “trois” ou “plusieurs”). La fidélité et l’indissolubilité sont au cœur du projet.
3) Pourquoi voit-on des polygames dans l’Ancien Testament ?
La Bible raconte aussi des hommes polygames (Lamech, Abraham/Hagar, Jacob, David, Salomon). Ces textes sont descriptifs, pas prescriptifs: ils montrent souvent les dommages collatéraux (jalousies, rivalités, injustices, familles divisées: Gen 16; 29–30; 2 S 11–15; 1 R 11). Dieu a toléré certains contextes culturels anciens, mais Il a aussi borné la pratique et prévenu des dérives.
Avertissement clair pour les responsables:
«Qu’il n’ait pas un grand nombre de femmes, afin que son cœur ne se détourne point; et qu’il ne fasse pas de grandes amasses d’argent et d’or.» (Deutéronome 17:17)
Si même le roi — figure d’autorité — ne doit pas multiplier les femmes, à plus forte raison le peuple. Dans les cas où la polygamie existait, la Loi imposait quelques garde-fous (Ex 21:10–11; Deut 21:15–17) pour limiter l’injustice; mais ces garde-fous ne transforment pas la polygamie en idéal.
4) La norme apostolique: une éthique conjugale monogame
Le Nouveau Testament rend la norme explicite et pratique. D’un côté, il appelle chaque homme et chaque femme à l’exclusivité; de l’autre, il exige la monogamie pour les responsables (mais c’est cohérent avec la vie chrétienne en général).
«Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa propre femme, et que chaque femme ait son propre mari.» (1 Corinthiens 7:2)
Littéralement: chacun sa propre femme; chaque femme son propre mari — langage d’exclusivité. Ailleurs, pour les anciens/évêques/diacres: «mari d’une seule femme» (1 Tm 3:2,12; Tt 1:6), ce qui reflète la norme commune.
5) Comprendre sans tordre: “décrit” ≠ “prescrit”
Décrit: la Bible montre des saints imparfaits dans des cultures imparfaites.
Prescrit: Dieu appelle à la fidélité, à l’exclusivité, à la protection des faibles.
Fruits: là où la polygamie apparaît, les fruits narratifs sont majoritairement amers (jalousie, injustices, violence), ce qui confirme le contre-modèle par rapport à Gen 2 / Mt 19.
6) Questions fréquentes et réponses concrètes
Q1. Un chrétien peut-il épouser plusieurs femmes aujourd’hui ?
Non. Le projet biblique, confirmé par Jésus et les apôtres, est la monogamie fidèle. L’éthique chrétienne et le droit civil de la plupart des pays vont dans ce sens.
Q2. Et si quelqu’un se convertit à Christ alors qu’il est déjà polygame ?
Cas pastoral délicat. L’Église ne peut pas valider de nouvelles unions; elle doit accompagner à honorer les engagements existants sans en créer d’autres. Dans beaucoup de cadres missionnaires: conserver la première alliance comme lien conjugal, assurer justice et subsistance aux autres femmes et aux enfants (responsabilité, logement, éducation), sans poursuivre des relations conjugales multiples. C’est un chemin de restitution et de vérité, discerné avec des anciens/pasteurs et au regard des lois locales.
Q3. Un pasteur/ancien polygame peut-il diriger ?
Les qualifications exigent «mari d’une seule femme» (1 Tm 3; Tt 1). La direction spirituelle suppose un exemple clair. On peut servir autrement (sans charge d’ancien) tout en assurant ses responsabilités familiales.
Q4. La polygamie “consentie” évite-t-elle le péché ?
Non. La morale biblique n’est pas une simple addition de consentements: elle suit un projet — Gen 2 + Mt 19 — qui vise la fidélité exclusive et la protection des plus vulnérables (souvent les femmes et les enfants).
7) Pourquoi la monogamie chrétienne protège mieux
Unité: “les deux” deviennent “une seule chair” (cohérence affective, spirituelle, sexuelle).
Justice: moins de favoritisme, d’inégalités internes et de rivalités.
Sécurité: un cadre clair pour l’éducation des enfants et la responsabilité économique.
Témoignage: refléter l’alliance Christ–Église (Éph 5:31–33), exclusive et fidèle.
8) Pistes d’application pour l’Église
Enseigner clairement Gen 2:24 + Mt 19:4–6 + 1 Co 7:2; rappeler Deut 17:17 comme garde-fou historique.
Préparer les mariages: attentes, fidélité, budget, sexualité, parentalité. Contrats clairs, vœux explicites d’exclusivité.
Accompagner les cas hérités de polygamie: assistance juridique/sociale, plan pastoral, protection des enfants, prévention de la pauvreté et des violences.
Former les responsables: exemplarité (“mari d’une seule femme”), redevabilité, transparence.
9) Résumé sans détour
La Bible raconte des polygames mais prescrit la monogamie.
Création → Jésus → Apôtres = même ligne: exclusivité de l’alliance.
La polygamie engendre des fractures; la monogamie fidèle protège.
L’Église dit la vérité, accompagne avec grâce, et cherche la justice pour tous les membres de la famille.
Prière simple
«Père, merci pour ton projet bon: un homme et une femme, une seule chair. Donne-nous fidélité et vérité. Restaure ce qui est brisé; protège les femmes et les enfants; apprends-nous à marcher dans la justice de Jésus. Amen.»
