L’offrande n’est pas un compte privé
Dieu confie à l’Église des dons saints pour Sa mission: annoncer l’Évangile, former des disciples, soulager les pauvres, entretenir le lieu de culte et soutenir les ouvriers de l’Évangile. L’offrande n’appartient ni au pasteur ni à un dirigeant; c’est un dépôt à administrer avec redevabilité. Paul insiste: «Nous voulons éviter que personne ne nous blâme au sujet de ces dons considérables dont nous avons la charge, car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes.» (2 Corinthiens 8:20–21). Et il organise la collecte avec ordre: «Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour faire les collectes.» (1 Corinthiens 16:2)
Principes bibliques et éthiques
1) Intégrité publique: pas seulement “Dieu voit”, mais aussi “les hommes voient” (2 Co 8:21).
2) Séparation des rôles: celui qui prêche n’est pas seul à compter, déposer, comptabiliser.
3) Destination missionnelle: l’argent suit la mission (Parole, charité, formation), pas les envies personnelles.
4) Justice et compassion: soutien du ministère (1 Tm 5:17–18), secours aux vulnérables (Ga 2:10), sans favoritisme.
Bonnes pratiques indispensables
Gouvernance
Budget voté annuellement (objectifs, lignes de dépense, pourcentages pour ministère/entraide/infrastructure).
Conseil d’anciens/comité financier avec profils complémentaires; conflits d’intérêts déclarés et gérés.
Politique de rémunération écrite (référence à des barèmes externes, validation par non-bénéficiaires).
Contrôles financiers
Double signature pour retraits/paiements (deux personnes non apparentées).
Comptage à deux après chaque culte; registre signé; dépôt bancaire sous 48 h.
Comptabilité avec plan de comptes; rapprochement bancaire mensuel; pièces justificatives numérisées.
Audit interne annuel (ou externe si possible); rapport résumé à l’assemblée.
Transparence
Rapport trimestriel aux membres (entrées/sorties, part affectée à l’entraide, état du fonds bâtiment).
Reçus annuels pour dons; traçabilité des dons affectés (ex.: “fonds veuves”).
Canal de signalement (whistleblower) vers deux référents indépendants.
Gestion des dons affectés
Compte distinct; utilisation uniquement pour l’objet promis; si impossible, consentement du donateur ou vote des membres.
Aide et entraide
Politique claire (critères, plafond, fréquence, accompagnement social); éviter l’arbitraire et la dépendance.
Signes d’alerte à ne pas ignorer
Dirigeant unique qui touche l’argent et décide seul.
Absence de rapports financiers, ou chiffres flous.
Dépenses personnelles payées par l’église (voyages privés, factures domestiques).
Rémunérations non votées, cadeaux “hors livres”, prêts jamais remboursés.
Réponse: demander poliment des comptes, saisir le conseil, exiger une revue externe; au besoin, se retirer d’un système abusif et protéger les donateurs.
Plan d’action en 30 jours (prêt à copier)
Semaine 1: nommer un comité (3–5 personnes), geler les paiements non urgents, ouvrir un compte bancaire dédié.
Semaine 2: publier la politique de double signature et le processus de comptage; former les volontaires.
Semaine 3: présenter un budget provisoire (12 mois), fixer des %: 50–60% ministère et personnel, 10–15% entraide, 15–20% locaux, 5–10% mission.
Semaine 4: remettre aux membres un rapport clair (entrées/sorties + solde), lancer l’audit interne.
Pourquoi c’est spirituel (et pas seulement “administratif”)
L’argent raconte ce que l’on honore. Une église propre dans ses finances devient crédible, protège ses pauvres, et libère ses pasteurs pour la Parole et la prière. La sainteté touche aussi les comptes.
Prière
«Seigneur, donne-nous un cœur pur et des mains propres. Que nos offrandes servent ta mission, sans abus ni favoritisme. Apprends-nous la transparence, la justice et la compassion. Amen.»
