Ce que dit le bouddhisme (panorama honnête)
Le bouddhisme n’a pas d’autorité centrale unique. Les moines ont des vœux (célibat impératif dans la plupart des traditions), mais les laïcs peuvent se marier. En général: 1) Le mariage est vu comme contrat social/civil, parfois accompagné d’un rite de bénédiction (pagode/temple). 2) Les mariages mixtes sont souvent acceptés au niveau social, à condition de respecter les pratiques familiales (offrandes, fêtes, autel domestique). 3) Les enjeux réels: rites à la maison (autel, encens), funérailles, fêtes, éducation éthique (préceptes: non-violence, véracité, sobriété).
Ce que dit le christianisme (Écriture + pratiques)
Ligne biblique: unité de foi. «…elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur» (1 Co 7:39). Mise en garde: «Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules…» (2 Co 6:14). Conséquence: beaucoup d’Églises déconseillent le mariage interreligieux ou ne le célèbrent qu’avec conditions.
Pratiques: Catholique — possible avec permission/dispense (mariage “disparité de culte”), le catholique s’engage à garder sa foi et à faire tout son possible pour la formation chrétienne des enfants. Orthodoxe — généralement attend deux baptisés; mariages avec non-baptisé très limités. Protestant/évangélique — diversité; prudence pastorale, accompagnement et exigences claires sur l’unité du foyer et les enfants.
Implications concrètes pour un couple bouddhiste–chrétien
1) Cérémonie: souvent civile; bénédiction bouddhiste possible; côté chrétien, dispense parfois nécessaire (selon l’Église). 2) Rites maison: le christianisme rejette le culte à d’autres divinités; un autel domestique bouddhiste peut poser problème au conjoint chrétien. Accord à écrire (emplacement, gestes, participation). 3) Enfants: catéchèse/école du dimanche vs éducation morale bouddhiste; décider et écrire avant fiançailles. 4) Funérailles/fêtes: anticiper les attentes des familles (pagode/église, prières spécifiques). 5) Alimentation/alcool: certains bouddhistes choisissent le végétarisme/abstinence; clarifier pour la cuisine familiale.
Trois voies possibles (à évaluer)
Voie civile + double bénédiction: bénédiction à l’église si autorisée + rite bouddhiste symbolique (sans syncrétisme).
Cérémonie chrétienne avec dispense (pas de rite bouddhiste impliquant un culte) + pacte familial clair.
Renoncement si convictions inconciliables (autel domestique obligatoire, éducation religieuse incompatible).
Pacte domestique (à signer entre vous)
Enfants (baptême? catéchèse?), autel/objets religieux (où? qui participe?), calendrier (dimanche/temps liturgique vs fêtes bouddhistes), dons/charité, règles d’écran/repas, arbitrage des conflits (médiateur: pasteur/prêtre + aîné du temple). Tout écrire.
Feu vert / feu rouge
Feu vert: respect mutuel, pas de pression de culte contraire à la conscience, accord écrit sur les enfants, soutien des familles, accompagnement double (pasteur/prêtre + guide bouddhiste).
Feu rouge: exigence d’actes de culte incompatibles pour le chrétien (prosternation/encens aux divinités), refus de dispense côté Église, désaccord ferme sur les enfants. Dans ce cas, mieux vaut renoncer avec vérité que promettre et se déchirer.
